L’Acide Glycolique
Actif anti-âge et
anti-imperfections de référence

Dans la lutte contre les imperfections de la peau et les signes de l’âge (rides, ridules, teint terne, points noirs, taches brunes, tonicité de la peau), l’acide glycolique appartient au cercle très restreint des actifs correcteurs d’efficacité rapide. Parmi les nombreux ingrédients utilisés en cosmétique anti-âge, cet AHA (alpha-hydroxy-acid) de référence figure au palmarès des actifs stars, aux côtés du rétinol, de l’acide hyaluronique et de la vitamine C.

Codexial a choisi l’acide glycolique comme actif phare de sa gamme dermo-cosmétique Neoliss, déclinée à toutes les concentrations utiles selon chaque type de peau sous forme de crème, émulsion, gel, lotion et eau nettoyante. Sous la marque Neoliss existe également une gamme de peelings professionnels réservés aux cabinets médicaux.

Choisi à la bonne concentration et au bon pH selon son type de peau, l’acide glycolique permet d’obtenir, par exfoliation chimique et stimulation du renouvellement cellulaire, une peau vraiment plus éclatante, plus lisse et plus ferme dans un délai de 4 à 8 semaines selon les attentes. On le dit parfois irritant et contraignant à utiliser, mais en respectant quelques simples précautions d’utilisation détaillées dans cet article, il peut être appliqué sur presque tous les types de peau.

Utilisé depuis une trentaine d’années par les dermatologues et les médecins esthétiques, puis décliné dans de nombreux soins cosmétiques « grand public », l’acide glycolique, bien utilisé, est un ingrédient sûr et efficace.


1. D’où vient l’acide glycolique et comment agit-il sur la peau ?

C’est un acide organique naturel de la famille des acides alpha-hydroxylés (souvent appelés AHA – de l’anglais, Alpha Hydroxy Acid – ou encore acides de fruit). Dans la nature, ces acides se composent à partir de sucres de fruit ou du lait. Les principaux AHA utilisés en cosmétique sont l’acide glycolique, l’acide lactique (lait), l’acide malique (pomme), l’acide citrique (citron) et l’acide mandélique (amande).
Issu de la canne à sucre (mais présent aussi dans la betterave et le raisin), l’acide glycolique est la plus petite et la plus simple des molécules parmi les AHA. Sa petite taille lui permet de mieux pénétrer la couche superficielle de l’épiderme (le stratum corneum) et d’y exercer une exfoliation chimique en diminuant la cohésion des cellules mortes afin d’accélérer leur élimination (effet kératolytique) pour faire apparaître plus rapidement la couche inférieure, plus saine et plus éclatante, et stimuler le renouvellement d’une nouvelle couche cornée.

Le terme « exfoliation chimique » ne doit pas faire peur ; après tout, en cosmétique, tout n’est que chimie, y compris lorsque l’on utilise des matières végétales. Du reste, les applications du moment telles que Yuka ou INCI Beauty classent l’acide glycolique dans les « bons » ingrédients, soit en vert. En fait, la notion d’exfoliation chimique s’oppose à celle d’exfoliation mécanique procurée par des crèmes contenant des grains abrasifs (cristaux de sel ou de sucre, fractions de noyaux ou de pépins de fruits, etc.).

Exfoliation chimique ou mécanique ? Si le gommage mécanique (abrasif) convient aux zones de peau épaisse sur le corps ainsi qu’aux zones localisées du visage, comme les ailes du nez par exemple, il peut être irritant sur le visage par frottements excessifs ou tout simplement être inefficace en raison de mouvements inadaptés ou, justement, trop superficiels par peur de s’irriter la peau. L’acide glycolique a l’énorme avantage d’agir de façon progressive, jour après jour, et surtout de façon homogène sur l’ensemble du visage, à l’exception des contours des yeux où la finesse de la peau nécessite des produits spécifiques.

Pour bien comprendre l’intérêt de l’acide glycolique, il faut se pencher sur le fonctionnement de l’épiderme, cette couche superficielle de notre peau (barrière épidermique), elle-même constituée de quatre couches principales. L’épiderme a pour fonction de développer et de renouveler en permanence à sa surface une couche protectrice ultime nommée couche cornée ou stratum corneum.

Cette couche cornée a un rôle primordial puisqu’elle est le premier contact de notre corps avec le monde extérieur, dont elle nous protège, en premier lieu des frictions d’avec tout ce qui nous entoure. Sur le plan physiologique, sa première fonction est de conserver l’eau à l’intérieur de notre corps. La couche cornée est aussi une protection vis-à-vis des rayonnements ultraviolets (UVB) qu’elle absorbe ou réfléchit afin de protéger les tissus vivants qu’elle enveloppe. Enfin, elle nous protège de la pénétration d’allergènes ou de bactéries néfastes, en grande partie grâce au microbiote qu’elle héberge à sa surface, cette fameuse flore cutanée qui peut compter mille milliards de bactéries, champignons et virus à la surface de la peau d’une seule personne adulte.

Comment cette couche cornée se construit-elle ? L’épiderme est constitué majoritairement de cellules appelées kératinocytes qui sont produites à partir de cellules souches logées dans la couche basale de l’épiderme, à la jonction entre l’épiderme et le derme. C’est là que ces kératinocytes vont naître, puis migrer couche après couche jusqu’à la surface de la peau en grossissant progressivement par accumulation de kératine, puis en se tapissant d’un ciment fait de lipides. A la fin de leur migration et de leur maturation, ces cellules (qui vont prendre le nom de cornéocytes) s’aplatissent, perdent leur noyau et donc leur vitalité pour constituer cette fameuse couche cornée qui s’éliminera petit à petit par desquamation naturelle. C’est donc cette desquamation que l’acide glycolique va accélérer.

Ce processus naturel de renouvellement du stratum corneum (couche cornée) est permanent, mais il ne s’opère pas de façon égale tout au long de la vie.

Si l’épiderme se reforme tous les 28 jours en moyenne chez une personne jeune, ce renouvellement prend près de deux mois au-delà de 50 ans. Avec l’âge, ce ralentissement physiologique se traduit par une peau plus sèche, une accumulation plus importante de cellules mortes à la surface de la peau, des irrégularités du grain de peau et un teint plus terne du fait que la lumière n’est plus réfléchie de façon homogène, comme c’est le cas avec une peau lisse, uniforme et bien hydratée.


2. Quels sont les bienfaits de l’acide glycolique sur la peau et à quelle concentration l’utiliser ?

C’est chose entendue que par exfoliation chimique l’acide glycolique améliore la texture de la peau, la rend plus douce, resserre le grain de peau et par voie de conséquence, éclaircit le teint et estompe les taches pigmentaires et les ridules.

Des études ont également montré qu’il stimule la synthèse de collagène, d’élastine et d’acide hyaluronique. Sans que l’on connaisse précisément son mode d’action, il semble stimuler la synthèse des glycoaminoglycanes, composants essentiels des tissus conjonctifs dont la teneur diminue avec l’âge. Quoi qu’il en soit, son action raffermissante présente un intérêt majeur dans l’arsenal des soins techniques anti-âge.

Enfin, c’est un excellent hydratant car comme tous les acides, il est hygroscopique ; il attire l’eau pour former au niveau du film hydrolipidique un mélange intime qui améliore l’élasticité de la couche cornée.

L’acide glycolique peut être utilisé tant sur des peaux jeunes, dès l’adolescence, que sur des peaux matures, y compris sur des peaux sèches et même sensibles, pour peu que l’on veille à choisir des soins aux concentrations compatibles avec son type de peau :

À une concentration inférieure ou égale à 5 % d’acide glycolique, on obtiendra essentiellement un effet hydratant. Cette concentration peut se trouver dans des crèmes, mais aussi des lotions ou des eaux nettoyantes. Au-delà de leurs vertus hydratantes incontestables, ces produits peuvent être très utiles pour préparer la peau à recevoir ultérieurement des soins plus concentrés en acide glycolique ; en acidifiant la couche cornée, ils permettent d’améliorer la tolérance des formules à effet de type peeling qui seront appliquées quelques jours plus tard.

Autour de 8 à 10 % d’acide glycolique, on obtient un effet keratolytique de type micro-peeling qui convient bien aux peaux sèches, mixtes, voire sensibles (mais pas fragilisées, ni altérées, ni sujettes aux rougeurs), à condition que le pH de la formule se situe entre 3,8 et 4,3 ; au-delà, le produit perdrait de son efficacité, en dessous de 3,8, il serait trop irritant. Pour rappel, le pH de la peau adulte est déjà un peu acide, il se situe à 5,5 en moyenne alors qu’un pH neutre est à 7. Le pH de la formulation finale est donc une donnée aussi importante que le pourcentage d’acide utilisé.
Sur les peaux sèches et plutôt sensibles, il est important également que les crèmes aux AHA contiennent des ingrédients hydratants et substantiels, tels que de la glycérine, du beurre de karité ou des composés huileux. C’est l’ensemble de la formule qui conditionne l’efficacité et la tolérance d’un soin cosmétique.

Une concentration à 15 % d’acide glycolique est adaptée aux peaux normales à mixtes pour un effet « peau neuve » optimal, là encore avec une formulation à un pH au plus proche de 4. Les soins cosmétiques à 15 % d’acide glycolique sont largement prescrits par les dermatologues, tant à visée anti-âge, en particulier lorsque le teint est un peu terne et défraîchi que pour lutter contre les imperfections, c’est-à-dire chez les peaux à tendance acnéique.

La peau à tendance acnéique est une indication phare de l’acide glycolique : il est bien adapté aux états rétentionnels pour désobstruer les comédons (en savoir plus sur les points noirs et points blancs), au gommage des cicatrices résiduelles, ainsi qu’aux épisodes d’acné tardive et persistante de la femme adulte qui gênent plus de 40% des femmes, parfois au-delà de 40 ans. Dans ce cas, l’acide glycolique a le double intérêt d’agir comme anti-âge et anti-imperfections.

En revanche, on s’abstiendra d’utiliser des soins à cette concentration lors de phases inflammatoires prononcées où leur tolérance ne serait pas optimale alors que les dermatologues disposent de médicaments efficaces. Dans tous les cas, une consultation auprès d’un dermatologue est indispensable.

Une concentration à 20 % d’acide glycolique (pH de +/- 4) correspond à la valeur maximale que l’on pourra utiliser sur le visage et que l’on réservera aux peaux grasses, là encore pour lutter contre les imperfections cutanées d’origine acnéique, désobstruer les points noirs, réguler l’excès de sébum et améliorer la texture de la peau.



3. Combien de temps faut-il pour obtenir des résultats visibles ? Comment l’utiliser, en cures ou en continu ?

Au bout d’une quinzaine de jours, à raison d’une application chaque soir, on peut déjà percevoir une amélioration de la qualité de la peau qui semblera plus douce et plus affinée.

Après 4 à 6 semaines, le teint retrouve de l’éclat, les irrégularités sont gommées.

Il faut compter 2 à 3 mois pour obtenir des résultats très satisfaisants, à savoir des ridules estompées, des rides moins visibles, des pores bien resserrés et des points noirs élimés sur une peau à tendance acnéique.

Pour les taches pigmentaires, la réponse est plus délicate : l’acide glycolique peut les estomper par un éclaircissement général du teint, donc c’est un résultat obtenu par voie de conséquence sans recourir à un actif dépigmentant. Certaines taches brunes sont très rebelles et nécessitent des actifs plus spécifiques. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter notre article « Comment traiter les taches brunes du visage ?»

Sur quelles durées l’utiliser ? Selon son type de peau, mais aussi selon ses besoins et ses attentes, 2 à 3 cures d’une durée de 6 à 10 semaines chacune pour un maximum de 20 semaines par an représentent une approche raisonnable sur des peaux sèches à normales. Sur des peaux grasses plus épaisses et si le produit est très bien supporté, on peut aller jusqu’à 30 semaines par an (en durée cumulée avec 2 ou 3 cures).

Même s’il est fréquent de voir aujourd’hui des personnes utiliser l’acide glycolique en continu toute l’année, cette pratique ne nous semble pas recommandable : elle peut entraîner des rougeurs, fragiliser la peau et la rendre hyper-sensible à terme.

Pensez aux soins hydratants compensateurs ! Bien que dotés d’une propriété hydratante, les soins hautement concentrés en AHA (10 % et au-delà) restent avant tout des exfoliants et des stimulants du renouvellement cellulaire. Il est important de leur associer des crèmes hydratantes et apaisantes, plus ou moins substantielles selon les types de peau, qui seront appliquées chaque matin, voire également le soir une heure après le soin à l’acide glycolique sur les peaux sèches ou plus sensibles.

Idéalement, on entreprendra une cure à l’automne pour bien nettoyer les peaux mortes résiduelles du teint légèrement hâlé qui n’est plus qu’un souvenir de vacances… et qui a masqué durant l’été toutes les imperfections de la peau en l’épaississant. Les peaux à tendance acnéique connaissent bien ce phénomène et savent que l’entrée dans l’automne est synonyme d’effet rebond. Eh oui, le soleil aura été un illusionniste ! Il aura eu un effet anti-inflammatoire et, en épaississant la peau, il aura obstrué les pores, empêchant le sébum de s’évacuer, ce qui explique pourquoi la rentrée de septembre s’accompagne de poussées de boutons. Pour ces peaux à tendance acnéique, on commencera les soins à l’acide glycolique dès début septembre.

Une deuxième cure pourra être initiée à la sortie de l’hiver, entre les mois de mars et avril selon la rigueur et la durée des froids hivernaux. Soumise à des écarts de température importants, à une faible humidité de l’air et à un déficit en vitamine D, la peau est déshydratée à la sortie de l’hiver et affiche souvent un teint un peu gris. Parce qu’elle est un peu plus sensible à cette période, on commencera les soins avec un pourcentage d’acide glycolique à 10 % que l’on appliquera un jour sur deux au cours de la première semaine, puis chaque jour ensuite. Mieux encore, on pourra utiliser une association d’acide glycolique et d’acide lactique afin de restaurer les facteurs naturels d’hydratation de la peau (voir le chapitre « les associations d’acide glycolique avec d’autres acides de fruit ».

Dans cet esprit, Codexial a développé Neoliss Global Action, une formule qui associe 10 % d’acide glycolique, 2 % d’acide lactique et 0,5 % d’acide hyaluronique.


4. Quelles sont les contre-indications ?

D’une façon générale, si vous souffrez d’une affection dermatologique inflammatoire ou qui rend votre peau ultra-sensible (Rosacée, eczéma, herpès, etc.), vous ne devez pas utiliser de soins cosmétiques aux AHA, en tout cas pas sans l’avis de votre dermatologue. Lui seul sera en mesure de vous orienter vers les soins à utiliser.

Si vous utilisez déjà une crème anti-âge au rétinol, dotée aussi de propriétés exfoliantes, vous ne devez pas utiliser des soins à l’acide glycolique ou contenant d’autres acides de fruit. Les effets s’additionneraient et le cocktail serait irritant.

Si vous êtes sous traitement médicamenteux anti-acnéique (isotrétinoïne par voie orale, crème aux rétinoïdes ou autres crèmes ou gels anti-acnéiques), vous devez interroger votre dermatologue et éviter toute initiative personnelle.


5. Peut-on utiliser des soins à l’acide glycolique pendant la grossesse ?

Dépourvu d’effet toxique pour le fœtus, cet AHA est souvent cité comme inoffensif et pouvant être utilisé chez la femme enceinte.

Pourtant, son utilisation devrait être évitée par prudence en raison des fréquents troubles vasculaires liés à l’imprégnation hormonale au cours de la grossesse, qui se traduisent notamment par des poussées congestives au niveau du visage ; la peau rougit plus facilement et se montre bien plus sensible. Ce bain hormonal, associé aux rayonnements UV, est aussi la cause du mélasma (masque de grossesse) qui survient au 3ème mois de la grossesse chez 5 à 70 % des femmes selon leur phototype (les phototypes III et IV étant les plus concernés).

On suspecte que l’inflammation de la peau puisse stimuler la pigmentation, parfois seulement en raison de démaquillages trop agressifs et de frictions trop appuyées sur la peau, les taches siégeant le plus souvent au niveau des saillies osseuses du visage (pommettes, front, bas de la mâchoire). Par conséquent, au cours de la grossesse, il est recommandé de limiter les soins à l’application de crèmes hydratantes et de procéder à des toilettes très douces, sans jamais frictionner la peau. Bien entendu, les gommages (abrasifs, même doux) doivent être proscrits, tout autant que l’exposition au soleil.


6. L’acide glycolique est-il photosensibilisant ? Peut-on l’utiliser à la période printemps-été ? Quelles précautions prendre au soleil ?

Il y a des précautions à prendre avec le soleil pour une raison qui doit être bien comprise : notre couche cornée nous protège en absorbant ou en réfléchissant la majorité des rayons ultraviolets (en particulier les UVB) afin d’éviter qu’ils atteignent notre derme. Par conséquent, si nous affinons cette couche cornée, nous abaissons notre protection naturelle et sommes exposés à des dégâts cellulaires. La peau rougira plus rapidement et le risque de coup de soleil sera plus important.

Peau plus sensible ou photosensibilisation ? Il ne faut pas confondre les deux et il n’est pas juste de dire que l’acide glycolique est un ingrédient photosensibilisant comme on peut le lire fréquemment sur Internet. Les substances photosensibilisantes, sous l’action des UV, entraînent des réactions anormales et exagérées de type allergiques (immunologiques) ou toxiques (photochimiques) qui se traduisent par des coups de soleil violents (même si l’exposition a été de courte durée), des cloques (phototoxicité), des brûlures intenses, des démangeaisons faisant penser à un eczéma ou une urticaire (photoallergie).

De nombreux médicaments (voie orale et voie locale) sont réputés photosensibilisants (certains antibiotiques, anxiolytiques, antidépresseurs, diurétiques, antiseptiques, la vitamine B6, l’isotrétinoïne, etc.), certains ingrédients cosmétiques (camphre, benzophénones), mais aussi des végétaux qui contiennent des allergènes fréquemment retrouvés dans les parfums et les huiles essentielles. L’acide glycolique n’est pas référencé comme une substance photosensibilisante ou phototoxique en ce sens que son comportement n’est pas modifié par les radiations ultraviolettes.

Quoi qu’il en soit, pour la première raison énoncée à ce chapitre, la peau se trouvant plus démunie jusqu’à reformation complète d’une nouvelle couche cornée, on prendra toutes les précautions au cours de soins à l’acide glycolique :

– Application d’une photoprotection de type SPF 50+ (UVB + UVA) chaque matin, à renouveler dans la journée. Choisir des crèmes solaires haute protection parmi les marques dermo-cosmétiques en pharmacie, car certains filtres solaires sont réputés photosensibilisants (les benzophénones en particulier).
– Éviction du soleil autant qu’il est possible, surtout après un peeling réalisé en cabinet médical, ainsi qu’avec les soins appliqués à domicile si votre peau est claire,
– Application des soins cosmétiques à l’acide glycolique de préférence le soir, d’autant que notre renouvellement cellulaire est plus important au cours de la nuit,
– Prise des médicaments de préférence le soir (comme décrit précédemment, nombreux sont ceux qui peuvent être photosensibilisants, bien lire les notices),
– Ne pas appliquer de parfum directement sur la peau, en particulier dans le périmètre du visage, du cou et du décolleté,
– Enfin, les UV en cabine, qui sont déjà une hérésie en toutes circonstances, sont absolument proscrits.

Peut-on utiliser les soins à l’acide glycolique au printemps ou en été ? Si commencer ou poursuivre un soin à l’acide glycolique pendant ses vacances à la mer ou en montagne n’a aucun sens, la question se pose d’avril à fin septembre et mieux encore de février à fin octobre sous un climat méditerranéen. Il est évident qu’outre la période des vacances, les soins à l’acide glycolique peuvent être appliqués durant les épisodes ensoleillés à condition d’apprivoiser le soleil (crèmes SPF 50+) ou mieux, de l’éviter.

Codexial a interrogé 200 dermatologues en avril 2019 à propos de leur pratique de l’acide glycolique en période ensoleillée. Il en ressort que les deux tiers des prescripteurs d’acide glycolique maintiennent leurs prescriptions durant ces périodes en associant bien sûr la prescription d’une photoprotection et les conseils d’usage.


7. Quelles autres précautions prendre pour obtenir les meilleurs résultats et renforcer la tolérance ?

Si votre peau est de nature plutôt sèche ou si vous appliquez un soin à l’acide glycolique pour la première fois, limitez-vous à une application un soir sur deux ou sur trois les dix premiers jours afin que votre peau s’habitue. Passez ensuite à une application chaque soir si votre peau le supporte bien. Idéalement, nettoyez votre peau avec un produit spécifique de bas pH afin de bien préparer la peau.

Si vous avez une peau plutôt sensible, vous pouvez faire un test préalable en appliquant le produit dans le pli de votre coude (où l’épiderme est très fin, comme sur le visage). En l’absence de réaction notable sur une durée d’une journée, le produit pourra être appliqué sur le visage.

Il est normal de ressentir de façon passagère une petite sensation de chaleur, quelques picotements ou une légère sécheresse de la peau au cours des premiers jours. En revanche, si votre peau rougit, s’irrite ou présente des zones de sécheresse marquées, c’est que la concentration choisie est trop forte.

Les soins à l’acide glycolique doivent être appliqués le soir sur une peau nettoyée et bien séchée. Une application sur une peau mouillée sera moins efficace et moins bien tolérée (en présence d’eau, l’acide est plus irritant).

Si la peau desquame de façon visible (si elle pèle), utilisez un produit hydratant une heure après votre soin à l’acide glycolique du soir ainsi que chaque matin.

Sur les peaux à tendance acnéique, il est fréquent d’observer une poussée de boutons passagère au cours du premier mois. C’est normal, les comédons sont retenus (état rétentionnel) sous la peau et on vient les chercher un peu avant l’heure ; c’est bénéfique car cela permet d’éviter qu’ils ne provoquent un état inflammatoire plus durable. Selon le même phénomène, la peau peut être un peu brillante au début des soins. Là encore, en désobstruant les pores, le sébum est libéré à la surface de la peau, ce qui indique que l’acide glycolique fait son travail.


8. Les associations d’acide glycolique avec d’autres acides de fruits (AHA) ou d’autres acides, tel l’acide salicylique (BHA)

D’un point de vue de la réglementation cosmétique en France, l’acide glycolique n’est pas un ingrédient soumis à des limites de concentration. Il convient donc de choisir des soins qui affichent clairement sur leurs packagings le détail des AHA de la formule ainsi que leurs concentrations.

Les associations les plus fréquentes se font avec l’acide lactique (ou lactate d’ammonium) et avec l’acide salicylique qui n’est pas un AHA, mais un BHA (bêta hydroxy acid).

L’acide lactique est déjà naturellement présent dans la couche cornée où son rôle est de fixer l’eau. Il est l’un des constituants des facteurs naturels d’hydratation, les fameux NMF, en anglais « Natural Moisturizing Factors » qui comprennent surtout des acides aminés, de l’urée, de l’acide lactique, de l’acide pyrrolidone carboxylique, des sucres et des ions minéraux.

L’acide lactique est un AHA dont la taille de la molécule est supérieure à celle de l’acide glycolique, il pénètre moins facilement la couche cornée ; de fait, son action kératolytique est moins prononcée et il est très bien toléré. Il est avant tout un formidable humectant pour rétablir l’hydratation de l’épiderme. L’acide lactique s’associe très bien à l’acide glycolique, en particulier pour les soins des peaux sèches.

L’acide salicylique (bêta hydroxy acid) est à la fois exfoliant (kératolytique), comédolytique, antimicrobien et anti-inflammatoire. Il est utilisé de longue date dans des traitements dermatologiques pour son action desquamante : états pelliculaires rebelles (dermite séborrhéique), psoriasis, verrues, etc.

En cosmétique, l’utilisation de l’acide salicylique est réglementée : sa concentration ne doit pas excéder 2 % dans les produits de soin et 3 % dans les produits rinçables (cheveux, pilosité faciale). Liposoluble, le terrain de jeu de l’acide salicylique est centré sur les peaux à tendance acnéique où il est très efficace pour désincruster les comédons (points noirs et points blancs). On le trouve parfois associé à l’acide glycolique, mais attention à la concentration globale d’ingrédients kératolytiques.

On trouvera plus rarement des associations avec les acides malique, citrique et mandélique dont les molécules sont en moyenne deux fois plus grandes (masses molaires supérieures) que celle de l’acide glycolique. Moins exfoliants, ils peuvent être utilisés pour éclaircir le teint. L’acide citrique est utilisé fréquemment en cosmétique pour stabiliser le pH des formules.

Chez Codexial, nous préférons utiliser l’acide glycolique seul ou associé à l’acide lactique afin de bien maîtriser tous les paramètres des produits et, surtout, celui de leur tolérance. Nous préférons concevoir des produits spécifiques dès qu’il s’agit d’utiliser l’acide salicylique, comme c’est le cas par exemple avec Effasun Spot, dédié à la correction des marques cicatricielles chez les peaux à tendance acnéique.


9. Les peelings à l’acide glycolique réalisés en cabinet médical

Réservés à l’usage des médecins (dermatologues, médecins esthétiques et chirurgiens esthétiques) ces peelings professionnels se distinguent des soins utilisés à domicile par leurs plus fortes concentrations en acide glycolique et leurs pH plus bas : en général, à partir de 30 % et jusqu’à 70 % d’acide glycolique avec des pH situés entre à peine 1 et 2 au maximum.

Les bénéfices procurés par les peelings à l’acide glycolique sont les mêmes que ceux décrits pour les soins cosmétiques, mais ils sont obtenus plus rapidement et de façon plus prononcée :

– Exfoliation de la couche cornée avec un effet peau neuve,
– Ridules et rides atténuées,
– Grain de peau plus resserré, pores moins dilatés,
– Taches brunes pigmentaires éclaircies,
– Teint éclairci, plus éclatant,
– Cicatrices acnéiques moins visibles,
– Points noirs désobstrués,
– Meilleure fermeté de la peau.

Une procédure de peeling à l’acide glycolique se réalise en moins de 30 minutes :

– La peau est préalablement nettoyée avec une solution légèrement acide,
– Parfois, le médecin aura prescrit au préalable un soin pour acidifier la peau et la préparer au peeling en cabinet,
– Le peeling est appliqué au pinceau sur l’ensemble du visage (hors contour des yeux et lèvres), les lésions éventuelles étant protégées préalablement par de la vaseline,
– Le temps de pause est court, il dépend de la qualité de la peau, mais en général, il est de 2 à 5 minutes, en surveillant le rosissement de l’épiderme et la tolérance du patient,
– Sitôt un léger rosissement observé, l’acide glycolique est neutralisé par une solution alcaline.

Pour obtenir des résultats satisfaisants, il est parfois nécessaire de réaliser plusieurs séances de peelings avec une pause de quelques semaines entre chaque séance.

De façon systématique, une crème photoprotectrice (UVB + UVA) de type SPF 50+ sera prescrite pour protéger la peau, étant entendu que l’éviction du soleil est une règle stricte afin de ne pas agresser la peau. De préférence, le peeling sera réalisé en fin de semaine de façon à pouvoir rester chez soi le week-end suivant la procédure.

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